Suite à une semaine d’atermoiements politico-sociaux de bas étage, le Premier ministre a finalement réuni vendredi dernier à Matignon les seuls représentants de la filière artisanale de la boulangerie et des fleuristes.
« réservé aux seuls « artisans », « indépendants »,
« à l’exclusion des « chaines » et boulangeries « industrielles »…
Le Premier Ministre opposant clairement les modèles de boulangeries lors de ses déclarations, il convient de rester extrêmement prudents quant aux modalités de travail du 1er mai pour les réseaux de boulangeries.
Contrairement aux annonces faites sur le perron de Matignon vendredi dernier par certains professionnels et reprises telles quelles par la plupart des médias, la FEB n’est absolument pas convaincue qu’il s’agisse d’un « grand jour pour la boulangerie ».
À ce stade, les conditions de travail pour le prochain 1er mai n’ont pas évolué d’un iota !
En effet, hormis un vague appel au bon sens adressé par le Gouvernement au corps indépendant de l’inspection du travail, rien n’est juridiquement sécurisé :
- aucun cadre précis ne sera applicable d’ici au 1er mai,
- des contrôles de l’inspection du travail restent parfaitement possibles,
- leur appréciation pourra varier selon les territoires et les inspecteurs.
Dans ce contexte, il est de notre devoir de vous alerter et de vous appeler à la plus grande prudence concernant vos choix de politique RH et de communication pour le 1er mai prochain.
Nous reviendrons vers vous dès que nous disposerons de précisions concrètes sur le contenu de ce projet de loi annoncé, véritable écran de fumée, et dont la lecture politique nous concernant semble très mal engagée.
Dans l’attente, vous trouverez ci-dessous les éléments d’analyse publiés ce début de semaine dans le Bulletin Quotidien et résumant les développements de la semaine écoulée :
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Bulletin Quotidien – lundi 20 avril 2026
Les boulangers et fleuristes indépendants pourront ouvrir le 1er mai prochain
Le Premier ministre Sébastien LECORNU a repris la main vendredi sur le dossier de l’extension du travail le 1er mai.
Après avoir reçu les représentants des boulangers et des fleuristes indépendants, il a annoncé qu’il sera possible pour ces deux professions, d’ouvrir et de faire travailler leurs salariés volontaires, sous réserve qu’ils soient payés doubles, dès le 1er mai prochain.
Rappelons qu’il y a une semaine, le gouvernement avait renoncé à convoquer une commission mixte paritaire (CMP) sur la proposition de loi visant à permettre aux salariés de certains établissements et services de travailler le 1er mai, un texte déposé par la majorité sénatoriale, ensuite ardemment défendu par le président du groupe EPR à l’Assemblée nationale Gabriel ATTAL (cf. BQ du 14/04/2026). Son vote tactique en faveur de la motion de rejet, destiné à ce qu’une CMP soit convoquée au plus vite, avait échoué, le gouvernement préférant temporiser face à la colère des organisations syndicales.
Concrètement, un projet de loi « projet de loi de sécurisation » avec des « critères assez simples » va être présenté en Conseil des ministres avant le 1er mai pour traduire cet arbitrage de Matignon.
Faute que celui-ci puisse être applicable dans onze jours, une « instruction sera donnée à l’ensemble des services de l’Etat » pour que les boulangers et fleuristes indépendants puissent bien ouvrir, s’ils le souhaitent dès cette année. Le ministre du Travail Jean-Pierre FARANDOU, soulignant l’indépendance des inspecteurs du travail, a ensuite expliqué que les consignes promises par Matignon « consistent à ce que les commerçants, le cas échéant, n’aient pas à payer d’amende, sous réserve que les conditions de volontariat et de rémunération doublée ce jour-là soient bien respectées ».
« Artisanaux », « indépendants » : M. LECORNU a bien insisté sur ce point. Pas question donc que les chaînes de boulangerie ou de fleuristes puissent ouvrir, comme cela aurait été permis par la proposition de loi qui suscitait l’ire des syndicats. Le texte aurait également étendu les dérogations à certains établissements culturels. « On sait très bien que c’est ce qui a fait dérailler le train c’est le non-dit c’est d’ouvrir à des filières qui elles seraient industrielles », a pointé le Premier ministre.
« L’engagement du gouvernement, il n’est que sur les professions indépendantes », a-t-il insisté.
Le projet de loi renverra aussi à une discussion par branche et M. LECORNU s’est engagé à recevoir toutes les parties prenantes début juin pour faire un point d’étape sur les demandes des différentes filières. D’autres professions ont déjà réclamé de pouvoir travailler le 1er mai, à l’instar de la Confédération des commerces de bouche (bouchers, fromagers, etc.).
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La FEB reste pleinement mobilisée sur ce dossier et nous ne manquerons pas de vous tenir informés dans les meilleurs délais.
